Cours.



I - Où s'arrête la nature ? Ou commence la culture ? La distinction ou la frontière entre les deux, est-elle réellement nette ?

1 - Les différents sens du mot "nature".

La nature extérieure : le propre des hommes c'est qu'ils transforment leur milieu parce qu'il ne se contente pas de ce que le nature leur donne. C'est ce qui permet de comprendre l'apparition des outils, de certaines techniques ...
Cette transformation, s'exerce pour le meilleur et pour le pire. Le progrès technologique nous rend-il tout puissant ? Fait-il de nous des êtres supérieur par rapport à la nature ? Et inversement faut-il pour autant idéaliser la nature.

L'état de nature : Ce serait la situation de l'homme avant l'apparition de la société ou en dehors d'elle. Existe-t-il un homme, un être humain à l'état de nature. L'idée d'ermite dans l'humanité a-t-elle du sens ? Un homme à l'état de nature serait-il encore un homme ?

La nature humaine : On entend par là les caractères universelles propre à l'humanité. En dépit de nos différence, il semble qu'il y ait des caractères communs, des caractères communs a tout homme, quelle que soit l'époque à laquelle ils vivent, la culture à laquelle ils appartiennent. Quels sont les caractères humains, comment définir la qualité humaine et jusqu'à quel point peut-on la définir ?

La naturel par opposition à l'artificiel : C'est la question de savoir si l'on peut distinguer net radicalement en l'homme le naturel de l'artificiel, l'innée de l'acquis. Si c'est possible en théorie est - ce que c'est possible dans les faits ?

Le naturel pour désigner ce qui est instinctives :

Automatique ... Opposition à la réflexion. Peut-on vraiment dire de l'homme qu'il a un instinct ? Et si il en a un n'est il pas fait pour le dominer ?
Par définition la nature s'oppose à la culture. Jusqu'à quels points peut-on dire de l'homme qu'il est un être de la nature ?

2 - La fiction de l'homme à l'état de nature.

On pourrait penser qu'il y aurait eu à l'origine un homme à l'état de nature c'est à dire un homme vivant isolé, séparés de ses semblables. Cet individu n'aurait pas de langage puisqu'il n'y aurait personne à qui parler. Vivant isoler, il n'aurait pas besoin de progresser et il se contenterait de satisfaire ses besoins vitaux. Et si il se reproduit le temps qu'il passe avec un autre être humain ne va pas plus loin que la nécessité de la reproduction. Cet individu est-il vraiment un être humain ? En effet le propre des êtres-humains n'est-il pas d'être insatisfait de ce que la nature donne. Boire, manger, dormir ne suffira jamais à remplir une existence.
Dans l'état de nature on serait en face d'un individu qui posséderait tout les caractères physiologiques de l'espèce humaine et qui pourtant ne serais pas un homme. Cela sous-entend qu'il ne suffit pas de posséder l'aspect physique d'un être humain pour en être un. Sans quoi le handicapé ne serait pas un homme, or de fait il en ai un.
Ainsi l'enfant Sauvage qui avait été trouvé dans la forêt de l'Aveyron au XIX s. N'avait pas le comportement qu'on pouvait attendre d'un être humain. C'est ce qui fait dire au docteur Itard que "cet infortuné se trouvait bien inférieur a quelques-uns de nos animaux domestiques". Privé d'éducation, cet enfant est incapable de comprendre ce qui est en jeu pour lui dans la vie en société, sa sensibilité n'étant pas développé il est indiffèrent à tous. Nous avons tendance à croire que la sensibilité est innée en nous alors qu'en réalité elle est le résultat de la culture. Ce qui nous parait être le plus naturel en nous est en réalité la fruit de l'éducation. Si nous sommes sensible à la musique c'est parce que notre sensibilité à été éduqué en ce sens.
Si nous avons l'impression que cela est spontané en nous, c'est parce que l'éducation a commencer dans les premières heures de notre naissance et sans doute avant. Cela est donc devenu pour nous une seconde nature, c'est à dire une habitude tellement ancrée en nous que nous ne faisons plus la distinction entre ce qui est inné et acquis ...
En effet l'embryon reçoit les impressions du monde extérieur il n'est pas imperméable et sans en avoir conscience il est affecté par les impressions extérieurs, il y est réceptif. Cela sous - entend que même avant notre naissance nous sommes imprégnés par le monde de la culture, que nous le voulions ou nous. C'est ce qui fait que nous sommes des êtres humains et non des animaux. Au moment de notre naissance nous sommes prit en charge par d'autres hommes ; nous sommes donc toujours dans la monde de la culture. Ainsi il n'existe pas de situation ni avant, ni après notre naissance où nous serions seul au monde, sans quoi nous ne serions pas des être humains. Autrement dit on échappe pas à la culture et d'autre part l'état de nature n'est rien d'autre qu'une fiction. C'est ce qui fait dire à Rousseau que l'état de nature est un "état qui n'existe plus et qui n'a peut-être point existé, qui probablement n'existera jamais ( Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes dit second discours).
C'est ce qui lui fait dire aussi " Commençons donc par écarter tous les faits qu'ils ne touchent point à la question (Second discours)
En d'autre terme le principe que pose Rousseau c'est que pour comprendre ce qu'est l'homme il ne s'agit pas de rechercher un éventuel état de nature car celui-ci n'a aucune réalité historique. Il n'y aucune situation dans l'histoire, ou l'homme se serait trouvés isolées de ses semblables. Pour qu'il soit homme il lui faut vivre parmi ses semblables c'est à dire dans le monde de la culture, on ne naît pas homme on le devient, et pour le devenir nous avons besoin des autres hommes. De ce point de vu là l'idée d'ermite n'a pas de sens dans le monde humain.
Lorsque Rousseau dit l'état de nature n'a jamais exister, n'existera jamais cela ne veut pas dire qu'il s'agit d'une idée dépourvu de sens. Le concept d'état de nature certes n'a pas de réalité historique pour autant cela ne veut pas dire qu'il n'a pas de réalité. Simplement ce n'est pas un fait c'est une idée et les idées sont bien des réalités ce ne sont pas des réalités matérielles. Ce sont des réalités intellectuelles et cela n'enlève rien au fait que ce sont des réalités.
De ce fait l'état de nature ait bien une réalité mais une réalité intellectuelles, c'est un concept qui a du sens. En particulier c'est une idée qui permet de comprendre la distinction entre le concept d'un homme originel et ce qu'il devient à travers le monde de la culture. L'homme à l'état de nature serait tout sauf un être humain, il en aurait l'apparence ou les caractères physiques mais aucun de ses comportement n'indiquerait qu'il s'agit d'un homme.

3 - Les techniques du corps.

En réalité les sociétés dites primitives ont une culture. Certes il s'agit de cultures différentes de la notre mais elles sont autant culture que les notre : elles le sont aux mêmes degrés. De ce fait il n'y a pas de peuples inférieurs ou supérieur, il n'y a que des peuples différents.
La culture commence avec la maîtrise du feu et donc avec les premières techniques. Mais le corps de l'homme peut devenir un outil, un instrument grâce auquel il peut s'adapter à toutes les nécessité de la vie, c'est ce que l'ion remarque dans les sociétés dites primitives. Les hommes de ces sociétés-là savent grimper à un arbre sans échelle, sans chaussure, ils ont apprit à développer toutes leurs capacités physiques. Ils ont l'habitude de se passer de confort. Dans la mesure ou leurs corps est habitués à une vie rude, il est capable d'affronter toutes sortes de danger, difficulté, sans avoir besoin du secours des outils extérieurs.
Certes, si on laissait l'homme dit civilisé l'usage de ses machines, il aurait l'avantage sur l'homme dit primitif. Mais si on les placent " nus et désarmés" l'un en face de l'autre, c'est l'homme dit sauvage qui aurait le dessus, parce qu'il est toujours prêt à tout événement" son corps étant un instrument multiple. Rien ne peut le prendre au dépourvu.
L'homme dit civilisé devient démunit lorsqu'il n'a plus ses outils à sa disposition. Il n'est pas sur d'ailleurs que ces techniques lui permettent de gagner du temps. En effet le temps qu'il installe l'échelle qu'il monte dessus, l'homme dit sauvage sera monter et descendu de l'arbre.
Ce que l'on appelle les techniques du corps ce sont toutes les techniques que les hommes ont inventer pour développer leurs puissances techniques, pour modifier leurs corps, pour substituer à la nature tout ce qui relève de la culture.
Ainsi les tribus masaïs dorment debout, on pourrait croire qu'il n'y a qu'une position pour dormir et qu'elle est naturelle alors qu'en réalité c'est le contraire.
Certes la position allongée est la plus fréquente mais elle est de loin d'être la seule. I y a des manières de dormir suspendues, peuples autour d'un feu (étoile); les tribus mongoles dorment à cheval et l'anthropologue (celui qui étudie les sociétés dites primitives) a apprit.
Il précise d'ailleurs que d'une certaine manière le cheval plus intelligent que l'homme parce que sans être guidés il allait au bon endroit sans se tromper.
La position que nous avons pour dormir est donc le résultat de l'éducation donc de la culture. Ce n'est pas innée en nous, ce qui nous trompe c'est que nous avons été éduqués en ce sens, et nous nous ne souvenons plus et nous croyons que c'est innée. Pour un Occidental, il parait insensé de dormir debout, de la même façon qu'il paraîtrait étrange à un masai de dormir allongés. Ces manières de dormir sont tellement ancrées en nous que nous avons l'impression que c'est naturel.
Tout se passe comme - ci la culture devenait en nous une seconde nature. Qu'est ce que l'attitude dit Pascal ce n'est rien d'autre qu'une "seconde nature greffé en nous sur la première" (Pensées).
La première nature c'est ce qui est innée en nous, tout ce qui n'a pas reçu l'empreinte de la culture si cela existe ce serait l'homme à l'état de nature, dans la première nature il s'agirait d'un individu sans forme. Et l'éducation va lui donner une forme et l'informer, au sens propre, une colonne vertébrale.
Tout se passe comme ci cette forme était tellement imprégnée en nous du fait de l'éducation que nous ne pouvons plus la séparer de notre être tout entier, elle ne fait qu'un avec nous ; elle est inhérente à notre personne toute entière. Ainsi il n'est pas possible d'établir une frontière nette en l'homme en ce qui est innée et ce qui est acquis, entre ce qui relève de la nature et ce qui relève de la culture. Ce que l'on appelle " technique du corps" ce sont toutes les manières à partir desquelles les hommes ont modifiés leurs corps pour le meilleur et le pire. Pour le meilleur parce que ne développant leurs forces physiques, ils peuvent faire face aux épreuves qui se présentent dans la nature, parce qu'ils éprouvent le besoin de se parer mais en même temps pour le pire parce que cette transformation du corps peut aller jusqu'à des coutumes et usages barbares.
C'est ce qui fait dire à Hegel " Les choses extérieures ne sont pas les seules que l'homme traite ainsi, il en a une pareillement avec lui-même, avec son propre corps, qu'il change volontairement au lieu de la laisser dans l'état ou il le trouve. Là est le motif de toutes les parures de toutes les élégances, fusent-elles barbares, contraires au goût enlaidissante, voire dangereuse." Que dans toutes les sociétés humaines les hommes éprouvent le besoin de transformer la nature extérieur mais aussi eux-même et il ajoute que cela peut engendrer des usages parfois terrifiants telle que la scarification ou dans l'ancienne civilisation chinoise de bander les pieds pour pas qu'ils grandissent.
C'est à travers une technique du corps que les Massaïs parviennent à dormir debout. Ainsi dans le monde humain tout reçoit l'empreinte de la culture, le corps de l'homme ne reste pas dans son état originel, les parures, les usages les manières de vivre transforment ce corps. Rien dans le monde humain ne reste à l'état purement naturel. Notre corps lui-même reçoit les marques de la culture sans laquelle nous vivons. Dans les sociétés dites civilisées le corps de l'homme est plus fragile, il est plus sujet à des maladies, des infirmités.
Il a trop l'habitude du confort et maintenant il peut pu s'en passer. Dans les sociétés dites primitives le corps est plus résistant parce qu'il à l'habitude d'une vie rude.
C'est ce que Rousseau met en valeur dans (Le discours sur les sciences et les arts). Plus la vie est rude, plus elle est vertueuse, au contraire plus elle st confortable et paresseuse plus elle est synonyme de dégradation morale " si la culture des sciences est nuisibles aux qualités guerrières elle est encore plus pour les qualités morales".
La respiration n'échappe pas à ce phénomène, il y a des manières poli de respirer et d'autres qui ne le sont pas. Le fait de contrôler sa respiration relève de la culture et de l'éducation, lorsque nous nageons, nous ne respirons pas aux mêmes rythmes que lorsque l'on marchent. En sport, on apprend à contrôler sa respiration. Certes le fait de respirer est bien un mouvement vital mais en même temps c'est un mouvement qui reçoit l'empreinte de la culture.
Tout cela indique qu'il n'y a pas d'hommes en dehors de la culture, on ne naît pas homme, on le devient. Ainsi Edward Sapir (anthropologue du XX s.) écrit " il n'y a aucune différence entre une respiration, a condition de l'interpréter comme un comportement social et une religion ou un régime politique ( Anthropologie).
En tant que phénomènes culturels il n'y a aucune différence entre l'un et l'autre dans le monde humain, la respiration est autant le résultat de la culture qu'une religion ou un régime politique. On ne rencontre pas plus un gouvernement qu'une religion dans la nature de la même façon que la respiration des hommes n'est pas moins le fils de la culture.
On peut changer de culture mais on ne peut pas vivre, exister, entre hommes en dehors d'elle.
En revanche on ne change pas de culture comme on change de voiture, la grande différence entre les deux c'est que la voiture est matérielle alors que la culture est d'ordre spirituelle, nous ne pouvons pas la séparer de nous : elle est inaliénable ( on peut pas nous l'enlever) en revanche nous ne faisons pas qu'un avec notre voiture. Si nous faisions une sortie de route, nous pouvons nous extraire de l'engin. Ainsi la culture dans laquelle nous avons été éduquer fait tellement partie de nous que même si nous changeons de culture, nous ne pourrions pas totalement nous débarrasser de notre culture initial.
Ainsi il est très difficile pour une oreille occidentale de saisir les 1001 nuances de la musique indienne traditionnelle, parce que la différence de culture est tel qu'on ne peut pas passer sans difficultés de l'une à l'autre, y comprit lorsqu'on a vécu en Inde. C'est une expérience de laquelle on ne sort pas indemne, que l'on veuille ou non c'est une expérience qui nous infecte, que nous soyons prêt à nous remettre en question, en danger pour être ouvert à d'autres manière de vivre. Mais en même temps il s'agit d'une expérience d'une grande richesse. L'exilé qui n'a pas eu le choix à dû adopter une autre culture mais il sait qu'il se débarrassera jamais de sa culture initial. C'est ce qui constitue sa richesse intérieure, ainsi on s'aperçoit que le fait de ne pas sortir indemne d'une culture à une autre n'est pas nécessairement négatif. Dans tout les cas être ouvert à d'autre culture constitue une chance parce que cela nous montre qu'il y a d'autre manières de vivre, il n'y a pas de peuples supérieur, ni inférieur. Et dans le domaine de la culture il n'y a que des différences.

4 - Faut-il idéaliser les sociétés dites primitives ?
Les sociétés dites primitives se reconnaissent au fait qu'elles vivent près de la nature, la densité de leurs populations est très faibles et souvent ce sont des peuples nomades. Elles se caractérisent enfin par le fait qu'elles ne connaissent pas le progrès : ce sont des sociétés sans histoires ( voir leçon sur l'histoire). Dans tous les cas, les hommes des sociétés primitives ne sont pas des hommes à l'état de nature, parce qu'ils sont une culture. Certes ce n'est pas la même culture que la nôtre mais elle est au même degré que notre culture. "Tout ce qui est universel, chez l'homme, relève de l'ordre de la nature et se caractérise par la spontanéité [et] tout ce qui est à trait à une norme appartient à la culture et présente les attributs du relatif et du particulier" Claude Levi-Strauss, ( Structures élémentaires de la parenté). (Anthropologue contemporain). Dans la nature il n'y a que de l'identité l'abeille " est au bout de quelques mois ce qu'elle sera toute sa vie" dit Rousseau elle ne fera jamais autre chose que butiner et construire sa ruche, c'est en ce sens qu'il n'y a pas de variation dans la nature, depuis la nuit des temps les abeilles font cela, et cela ne change pas. Au contraire dans la culture il n'y a que de la variation ou des différences : aucune culture ne ressemble à une autre y comprit dans le monde Occidentale, qui parait uniforme. A l'intérieur d'une même culture, il y a encore des variations. Dans tout les cas, ces différences ne s'expriment pas en terme de supériorité et d'infériorité. Certes on aurait tendance à idéaliser les sociétés dites primitifs parce qu'elle représente dans notre esprit des peuples qui vivent heureux, qui se connaissent pas le conflit et qui vivant très proche de la nature, nous paraissent plus sage. Et en effet ces sociétés respectent la nature et possèdent une certaines formes de sagesse que nous ne connaissons pas. Pour autant ce sont des sociétés qui peuvent avoir des comportements barbares. Ainsi Levi-Strauss remarque que d'une tribu à l'autre les hommes se considèrent comme des étrangers. Les hommes de la tribu voisines traitent leurs voisins soit d'étranger, soit de singes, soit d'oeuf de poux, soit de fantômes et l'idées de fantômes ou d'apparitions sous entend que ce sont des hommes qui n'existent pas pour la tribu. Les peuples dit primitif connaissent donc autant la barbarie que les autres. Il se caractérise en effet par cette attitude qui consiste à rejeter hors de l'humanité tout les être humains appartenant à d'autres cultures, d'autres tribus. Rousseau lui-même expliquait dans le second discours, que l'idée du bon sauvage est un mythe : ainsi il écrit qu'en dehors de la société l'homme serait resté "un animal stupide et borné". Certes les peuples dit primitifs vivent en société mais cela n'empêche pas la barbarie, d'ailleurs la notion ou l'humanité est d'apparition fort tardive, les hommes ont mit longtemps avant de concevoir une telle idée. Avant d'englober dans le mot humanité tout les êtres humains sans distinction de race et de civilisation. Et même au XX s. Dans les sociétés occidentales, cette idée d'humanité qui est très récente à été l'objet de régression, ainsi la solution finale pendant la seconde guerre mondiale à été la négation même de l'humanité puisqu'il a refuser à une partie de la population le droit d'être homme et d'exister. Ainsi, les guerres peuvent être interpréter comme des moments dans l'histoire ou l'humanité a provisoirement régresser (voir l'histoire). Au bout du compte la barbarie ne commence pas avec la violence mais bien avant, elle commence lorsque on refuse à des être-humains le droit de faire partit de l'humanité, lorsqu'on conteste le fait qu'ils soient des êtres humains dès l'instant ou ils n'appartiennent pas à la même culture que la nôtre. A cet égard les peuples dit primitifs ne sont pas meilleurs que les nôtres. Elles ne sont pas pire non plus. Simplement cette tendance à rejeter hors de l'humanité des personnes qui nous sont différentes est inscrit en chacun de nous. La tendance n'est pas la fatalité : le propre d'une tendance c'est qu'on peut toujours la rectifier alors que l'on ne peut rien contre la fatalité. Le fatalité elle-même n'est pas identique au destin : la première est toujours malheureuse et on ne peut pas en changer le cours, ainsi que l'illustre Oedipe, en revanche l'homme est l'artisan de son destin et ce dernier n'est pas nécessairement malheureux. Ainsi la barbarie est en chacun de nous en puissance \ en acte. L'expression en puissance s'oppose à l'expression en acte. La première désigne ce qui est potentiel ainsi l'adulte est en puissance chez l'enfant, autrement dit l'enfant n'est pas encore un adulte mais il est fait pour le devenir. Dans une graine il y a un arbre en puissance parce que la graine est faite pour se développer, pour parvenir à son but de devenir un arbre. Lorsque la fleur est éclose il s'agit d'une fleur en acte, réalisé. Lorsque l'enfant est devenue adulte, il s'agit d'un adulte en acte. Question : Peut-on mettre sur le même plan la fleur et l'homme ? La fleur ne redeviendra pas graine mais l'homme lui peut régresser : il peut retomber en enfance sur le plan positif faudrait-il nécessairement que l'adulte se débarrasse complément de l'esprit d'enfance ? Ne risquerait-il pas alors de tomber dans la mesquinerie ou la bassesse. L'esprit d'enfance ne nous préserve-t-il pas de toutes les bassesses d'adultes ? Un adulte qui aurait perdu cette partie d'enfance, pourrait-il encore s'émerveiller devant les choses simples ? Si cette tendance à la barbarie se rencontre en chacun de nous cela sous-entend que nous sommes de barbares en puissance, nous pouvons très vite sombrer dans la violence, dans le crime, le juge lui-même n'est pas exempt de cette tendance là, parce que c'est un être humain et qu'il y a en l'homme une tendance au mal. ( voir la société, la liberté, la moralité). " Le barbare dit Levi-Strauss c'est d'abord l'homme qui croit à la barbarie", autrement dit celui qui exclue de la société les peuples dits primitifs se comporte lui-même comme un primitif, il ne fait qu'emprunter une de leurs caractéristiques. C'est donc d'abord lui qui est barbare parce qu'il croit qu'on peut impunément en toute moralité rejeté son semblable de l'humanité.

# Posté le dimanche 16 décembre 2007 12:43

Cours.

Première partie.

L'Illusion de l'homme seul.

Chapitre 1 : Le rêve de Prométhée.
( la culture, le travail, la technique et l'art).

Dans la nature, il y a le monde inerte et le monde vivant. Dans le monde vivant, il y a au moins les végétaux et les animaux, sur le plan biologique, la distinction entre l'animal et l'homme n'est pas particulièrement nécessaire. En revanche sur le plan philosophique la différence entre l'homme et l'animal est radical, certes dans les deux cas, il s'agit bien d'être vivants qui ont pour première nécessité de survivre, c'est à dire de repousser le plus longtemps possible le moment de la mort, le moment ou le vivant rejoindra le moment inerte. Survivre, c'est accomplir toutes les fonctions qui résiste à la mort. C'est assurer la conservation de soi et de son espèce, se conserver en vie et donc satisfaire ses besoins vitaux. A cet égard il n'y a pas de différence entre les hommes et les autres vivants : ce sont bien comme les autres des êtres de la nature.
Mais boire, manger, dormir, se reproduite ne suffira jamais pour les hommes, à remplir une existence, c'est à dire lui donner du sens, or les hommes ont besoin de sens, ils ont besoin de savoir où ils vont, de donner une direction à leurs vies. Cela sous entend que l'existence humaine n'a rien a voir avec les choses : les secondes sont figées alors que la première est dynamique. Il y a donc aussi une différence majeure entre survivre et vivre. Les hommes ne se contentent pas de survivre, ils veulent vivre et si possible vivre bien et mieux.
C'est précisément le moment ou l'on passe de la nature à la culture, pour survivre les êtres-humains peuvent se contenter de ce qu'ils trouvent dans la nature. Cette idée suppose qu'à l'origine la nature était abondante. Ils n'auraient plus qu'à se baisser pour ramasser ce qui vient de la nature. Mais a partir du moment où les êtres-humains désirent vivre, ils éprouvent le besoin de modifier la nature, de la transformer selon leurs volontés. C'est le passage de la nature à la culture, la culture étant ce que l'homme ajoute à la nature. Cela va de la maîtrise du feu au technique les plus sophistiquées, en passant par l'art, la cuisine, les parures, ce n'est pas ce qu'il apporte à la nature car cela sous entendrait que la nature a besoin des hommes, or objectivement elle en a pas besoin. A près un tremblement de terre la nature est capable de se reconstituer elle-même. Les hommes au contraire on besoin de la nature.
Jusqu'à quel point les hommes sont-ils des êtres de la nature ? Est-il toujours possible de distinguer nettement la nature de la culture à l'intérieurs de l'homme, ou l'inné de l'acquis ?
C'est pas leurs travail que les hommes transforment la nature et fabrique des outils. S'ils ne s'agissaient que d'assouvir leurs besoins vitaux, les hommes auraient-ils vraiment besoin de travailler. La question est de savoir pourquoi nous travaillons, c'est à dire pour quelles raisons et dans quel but ? A quoi reconnaît-on qu'une activité est un travail ? Enfin est - il possible et souhaitable que le travail devienne une passion ? La grande différence entre un objet technique et l'oeuvre d'art, l'outil sert à quelque chose alors que l'oeuvre d'art apparemment ne sert à rien : elle n'a pas d'utilité immédiate. Et même, lorqu'elle sert à décorer, le propre d'un objet décoratif est superflu. Cependant il n'y a aucune société humaine sans oeuvre d'art, les société dites primitives elles-mêmes crée les oeuvres d'art. Les masques Africains ne sont pas moins des oeuvres d'art que les tableaux de nos plus grands maîtres, ils le sont au mêmes degrés. Il faut en déduire qu'à défaut de servir à quelque chose, les oeuvres d'art ont une valeur, un sens, une raison d'être, c'est pourquoi il faut faire une distinction entre la valeur de quelque chose et son utilité. L'utilité de quelque chose n'en fait pas nécessairement la valeur et inversement. Si on expliquait les oeuvres d'art par des raisons économiques c'est à dire par le fait qu'elle permet à l'artiste de gagner de l'argent, nous ne pourrions pas expliquer qu'il existe des oeuvres d'arts dans des sociétés qui ne connaissent pas l'argent. Si on estimer que l'artiste réalise son oeuvre pour se divertir alors il n'y a pas besoin d'aller jusqu'à crée des oeuvres d'art : une partie de carte ferait l'affaire.
Les oeuvres d'art s'expliquent donc par d'autres raisons. La question de l'art comporte plusieurs dimensions le problème est de savoir à quoi on reconnaît une oeuvre d'art ? C'est la différence entre l'objet technique et l'art, entre la nature et l'art ainsi la maîtrise technique suffit-elle à définir une oeuvre d'art de la même façon la beauté suffit-elle pour déterminer qu'il s'agit d'une oeuvre d'art.
La question est de savoir qu'elle est la valeur, la raison d'être des oeuvres d'art. Peut-on apprécier une oeuvre d'art de façon innée, sans éducation esthétique ? La question de l'activité artistique : l'artiste réalise-t-il son oeuvre en s'amusant ou de façon sérieuse, on rencontre ici le problème du génie : comment faut-il le définir ?
L'humanité commence avec la culture dans ce qui la distingue radicalement de l'animalité : elle apparaît lorsque les individus commencent a maîtriser le feu. A partir de là les hommes construisent leur propre monde dans lequel ils peuvent se reconnaître.
Le monde à été crée une première fois et les hommes, eux le recréent pour qu'ils soient et qu'ils deviennent à leur mesure, qu'ils soient pour eux un miroir.
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# Posté le dimanche 16 décembre 2007 12:43

Théorie et expérience.

* L'expérience en question.
Le mot expérience n'est pas univoque. Il apparaît dans des contextes très différents, avec des significations différents.
- L'expérience-relation immédiate d'un sujet avec une réalité extérieure ou intérieur à sa conscience.
- L'expérience-observation, constatation plus ou moins précise de certains faits, de certains phénomènes, dont on note les caractères importants.
- L'expérience-pratique (avoir de l'expérience), savoir-faire acquis par la répétition de certaines activités.
- L'expérience-expérimentation scientifique.

* L'expérience trompeuse.
Lorsque un individu tient une idée pour vraie, il le fait au nom d'une certaine expérience.
Mais ce ne sont que des interprétations contestables de faits plus ou moins imaginaires, elles constituent "l'expérience" sans laquelle une thèse ne serait pas considérée comme vraie par celui qui la pose.

* Les vérités mathématiques.
Les mathématiques ne tiennent pas leur vérité du sensible, de l'expérience trompeuse. Elles forment un système de propositions logiquement liées qui reposent sur des hypothèses de départs.
La vérité ne repose pas sur une expérience du monde sensible.

PLATON : "Que nul n'entre ici s'il est géomètre."

On oppose traditionnellement la vérité matérielle d'une proposition qui soulève le problème de son accord avec une réalité par l'intermédiaire d'une expérience, à sa vérité formelle ou logique.

* La métaphysique cartésienne.

Il conçoit sa philosophie sur le modèle d'une pensée démonstrative. Mais les propositions que sa raison enchaîne de façon déductive tiennent d'abord leur vérité d'une expérience originaire qui donne à la première proposition dans l'ordre de la connaissance, une valeur de vérité "évidente". Le cogito (je doute, je pense, je suis) n'est pas une proposition comme les autres.

* La critique kantienne.

En contestant la vérité du premier principe de la philosophie cartésienne. Kant tient la métaphysique cartésienne pour une construction purement rationnelle qui ne peut être tenue pour vraie.
L'histoire de la philosophie est une véritable "arène" ou nul ne l'emporte jamais.
Pourtant, certains jugements indémontrables et invérifiables, selon Kant, peuvent être tenus pour vrais. Ce sont les postulats de la Raison pratique (affirmation de la liberté, de l'existence de Dieu) qui rendent possible l'action morale.

* Les vérités expérimentales

En reconnaissant l'importance de l'expérience, la philosophie de Kant prend acte de l'essor des sciences expérimentales depuis Galilée. Mais le statut précis de l'expérience dans la constitution des propositions scientifiques (lois, théories) n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire. Il doit toujours être défini dans le cadre précis d'une science précise, à un moment précis de son développement.
Le principe d'inertie est d'abord posées par l'esprit, ensuite l'esprit cherche moins à les vérifier par l'expérience qu'à contrôler qu'elle ne sont pas fausses.
L'expérience scientifique ne "contrôle" pas la vérité d'une idée, elle permet à celui qui l'élabore de contrôler que cette idée n'est pas "réfutée" par la nature. En toute rigueur, rien ne peut assurer qu'une autre hypothèse, plus intéressante, plus simple n'expliquerait pas mieux tels phénomènes que celle qui est "vérifiée" par telle expérience. C'est pourquoi Karl Popper définit le "scientificité" d'une théorie par sa falsifiabilité, c'est à dire par sa réfutabilité.
Enfin les propositions scientifiques sont rarement l'objet d'une expérience directe, celle-ci pouvant d'ailleurs être irréalisable. Si elles sont inscrites dans un système théorique consistant, ces propositions seront tenus pour vraie scientifiquement parce que d'autres propositions, d'autres lois du même système sont "vérifiables" par une expérimentation.

* La théorie scientifique.

Réfléchir sur la théorie, c'est nécessairement poser le problème des rapports entre celle-ci et l'expérience dans la constitution des sciences.
Au sens large, scientifique ou non, une théorie est un point de vue intellectuel. Plus précisément, elle est un ensemble d'idées coordonnées logiquement. En ce sens, on parle de la théorie d'un économiste, de la théorie de l'évolution de Darwin, d'une théorie philosophique ou scientifique.
Une théorie simplement cohérente n'est pas nécessairement scientifique. Si la science est une certaine connaissance du réel, elle doit vérifier ses propositions par une expérimentation. Mais les rapports de la théorie et de l'expérience, dans la pratique scientifique, n'ont pas la simplicité qu'on pourrait croire.

* Observation, théorie, expérimentation.
Claude Bernard pense rendre compte de la démarche scientifique par la succession de trois moments :
- l'observation, ou constatation d'un fait.
- la démarche théorique à propos d'un fait observé, une idée ou hypothèse naît dans l'esprit du savant.
- l'expérimentation qui infirme ou confirme cette hypothèse.

* L'observation suppose une théorie.
On a pu objecter à Claude Bernard qu'aucune observation n'était possible sans une idée préalable, capable de diriger l'attention vers des faits significatifs.
Il parait d'abord évident qu'une théorie est confirmée ou infirmée par des faits expérimentaux qui sont explicitement et consciemment construits, saisis à l'aide d'instruments et mesurés.

BACHELARD : "L'observation scientifique est toujours une observation polémique."

D'une part, toute observation confirme ou réfute une observation antérieure; d'autre part, aucune observation scientifique ne se fait spontanément et de nulle part : elle suppose un "plan d'observation" qui est lui-même commandé par une thèse constituée.
Contrairement à l'observation première qui se borne à accueillir les faits bruts dans leur immédiateté, l'observation scientifique est une observation critique.
Les instruments qu'utilise le savant sont eux-même les produits d'un état de la science, ils sont " des théories matérialisées". Ainsi l'observation scientifique est une observation qui construit le donné, le réel qui d'une certaine manière le crée.

* La raison doit prendre les devants.
Réfléchissant sur l'essor de la sciences, Kant dégage par cette formule le trait essentiel.
Depuis Galilée, les faits sont devenus intelligibles parce que la raison les organise, les structures selon ses propres exigences.

KANT : "La raison doit prendre les devants."

* Le problème de l'induction.
Si précises et nombreuses que soient les expérimentations, la question se pose toujours de savoir si l'on a le droit de passer de faits nombreux soient-ils à des lois, c'est à dire des propositions universellement valables. C'est le problème de l'induction.

* Illégitimité de l'induction.
Comme l'a fait remarquer Hume, un théorème mathématique est démontré par une opération intellectuelle qui ne s'appuie sur rien d'extérieur à la pensée. Le lien entre deux propositions est alors nécessaire : il est totalement impossible d'obtenir une conclusion opposée à celle qui a été déduite validement si le raisonnement est logique. En revanche, sur le plan de la connaissance des faits naturels, la situation est toute différente. Selon Hume, nous avons d'abord des impressions, des perceptions fondamentales qui nous mettent en présence de certaines réalités. A strictement parler, notre connaissance ne dépasse pas ces perceptions qui n'existent qu'au moment où nous les éprouvons. Pourtant, nous tenons pour vraies bien d'autres connaissances. Nous croyons que les choses sont permanentes nous affirmons que le soleil se lèvera demain. Or ces faits ne sont pas constatés directement et , sur le plan de la pensée, nous pourrions aussi bien admette, sans contradictions logique, des propositions opposées à celles-là. Pourquoi, demande Hume, admettre que le pain qui nous a nourris hier nous nourrira aujourd'hui. Il veut comprendre qu'aucune démarche rationnelle, qu'aucune nécessité logique ne fonde cette croyance.
En effet l'expérience passée qui nous a appris que telle cause était liée à telle conséquence ne nous dit rien encore sur le lien présent entre les deux événements, sauf si la répétition de cette expérience produit en nous une sorte d'accoutumance d'habitude.

* Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Il apparaît qu'une théorie comme une loi scientifique ne peuvent jamais être absolument posées comme étant absolument vraies. En revanche, on peut prouver qu'une théorie comme une loi scientifique sont fausses.
Il apparaît donc qu'une théorie comme une loi scientifique tenues pour vraies ne sont en réalité que provisoirement vraies, c'est à dire non encore réfutées. La réfutation devient donc le véritable critère, en quelque sorte négatif, de vérité.

# Posté le mardi 27 novembre 2007 14:45

L'interprétation.

L'interprétation se définit comme l'action d'expliquer, de donner une signification claire à une chose obscure.

RICOEUR : "Dire quelque chose de quelque chose, c'est au sens complet et fort du mot, interpréter."

* Explication et compréhension.
Distinction à faire entre l'explication et la compréhension.
L'interprétation - explication est le processus partant de données empiriques auxquelles n'est attribuée aucune signification pour aboutir à des propositions théoriques.
L'interprétation - compréhension pose comme signifiantes les données qu'elle prend en considération.
L'herméneutique étant l'interprétation des symboles, d'un texte, d'un discours...
L'exégèse a le sens plus restreint d'une interprétation philologique d'un texte.

DILTHEY : "Nous appelons compréhension le processus par lequel nous connaissons un "intérieur" à l'aide des signes perçus de l'extérieur par nos sens."

* L'herméneutique de la pensée sauvage.
La pensée sauvage est de considérer le monde tout entier comme un message ou un discours ou chaque chose est un signe, un élément du message général , un symbole.

* Les problèmes de l'herméneutique.
L'herméneutique interprète et découvre le sens d'un signe.
Quelque chose peut n'avoir en apparence aucune signification et en réalité receler un sens.

* Cercle vicieux.
L'herméneutique se propose de rendre clair ce qui est obscur.
En effet toute interprétation ne peut se justifier qu'en se référant à une autre interprétation.
On est ainsi en présence d'un cercle vicieux.

* Irréfutabilité fondamentale.
Une herméneutique pourra toujours interpréter ce fait dans son sens c'est ce qu'on suppose de la psychanalyse.

* Sciences de l'homme et interprétation.
Les problèmes épistémologiques posés par l'herméneutique sont ceux des sciences humaines.
Les sciences humaines doivent s'efforcer non seulement d'expliquer, mais de comprendre les phénomènes humains.
C'est le désir de retrouver l'homme et de le comprendre comme sujet.
L'approche phénoménologique a même conduit à inviter le phénoménologue à "purger" les donnés de l'expérience qui lui sont fournies de tous les éléments hérités de la pensée scientifique.

MERLEAU-PONTY : "La phénoménologie, c'est d'abord le désaveu de la science."
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# Posté le mardi 27 novembre 2007 14:45

L'inconscient.

Inconscient désigne ce qui est dépourvu de conscience (une pierre) ou bien ce que la conscience ne perçoit pas.
Le concept d'inconscient désigne une formation psychique séparée de la conscience.
On prendra garde à ne pas confondre l'inconscience avec l'inconscient.

ALAIN : "Qu'est ce qu'un inconscient ? C'est un homme qui ne se pose pas de question."

* Inconscient et psychanalyse.
La psychanalyse, c'est une méthode thérapeutique qui chercher à guérir certains troubles psychologiques et aussi une théorie qui considère le psychisme comme ce qui doit être analysé.

* Pourquoi des pensées inconscientes ?
Arguments théoriques : manifestation de l'inconscient (rêves, actes manqués, phénomène compulsionnels).
Les rêves, la conscience perçoit quelque chose mais elle ne peut que constater leur bizarrerie.
Les actes manqués mais ceux qu'on n'explique pas. Pour la conscience il n'y a là qu'une conduite incohérente, absurde et qui n'a pas de sens positif.
Les phénomènes compulsionnels sont des symptômes, la conscience éprouve son incapacité à maîtriser et à comprendre certains phénomènes psychologiques.
Arguments tirés de la pratique : le sujet prend conscience de résistances. Ces résistances s'expliquent par l'hypothèse d'un refoulement de certains désirs.
Ces pensées refoulées ne se manifesteraient plus à la conscience directement, mais de manière déguisée, sous forme de symptômes incompréhensibles, d'angoisse, de rêves, d'actes manqués.
Lorsque le sujet surmonte il parvient à prendre une certaine conscience du refoulé qui fait disparaître les symptômes correspondants.

* Karl Popper: une théorie non scientifique.
Malgré son succès, la théorie freudienne de l'inconscient n'a jamais fait l'objet d'une démonstration clinique. Cette théorie n'est pas scientifique, elle est un système herméneutique. Pour Popper la psychanalyse est une pseudo-science, au même titre que l'astrologie.
La doctrine freudienne de l'inconscient ne saurait être certaine mais ne doit pas être considérée comme une théorie non scientifique, une simple mythologie.

* Jean-Paul Sartre: l'inconscient comme mauvaise foi.
La théorie freudienne de l'inconscient été contestée d'un point de vue philosophique par Jean-Paul Sartre. Ce dernier refuse en effet le concept de refoulement.
Pour Sartre la notion de mauvaise foi explique les conduites dont Freud voulait rendre compte par son hypothèse d'un inconscient psychique.
Etre de mauvaise foi, c'est en quelque sorte se mentir à soi-même, c'est fuir ses responsabilités, tenter d'échapper aux choix.
Le recours à la notion d'inconscient serait une manière de ne pas assumer sa liberté.
L'hypothèse d'un inconscient psychique avancée par Freud n'est donc pas sans conséquences morales.

SARTRE : "Tout homme qui se réfugie derrière l'excuse de ses passions, tout homme qui invente un déterminisme est un homme de mauvaise foi."

# Posté le mardi 27 novembre 2007 14:44